Salut les lecteurs ! On va aujourd’hui parler d’un sujet qui me tient spécialement à cœur. Nombreux sont ceux qui comme moi ont eu affaire dans le passé à des schémas de communication dysfonctionnels et en on gardé « une empreinte » dans leurs modes de fonctionnement.

Le but de cet article sera de découvrir le triangle de KARPMAN, comment il se compose, sa dynamique, mais surtout comment en sortir et communiquer de manière saine.

« Les sauveurs ont besoin de victimes, les victimes ont besoin de persécuteurs et les persécuteurs ont besoin de sauveurs. »

Stephen KARPMAN

Le triangle de Karpman

Qu’est-ce que le triangle de KARPMAN, ou encore dit triangle dramatique ?

Auparavant dans ma vie et encore parfois de nos jours j’ai eu tendance à laisser passer le besoins des autres avant les miens, voire de les négliger totalement au profit de ceux des autres. Telle est la façon dont j’ai été éduquée. Avec le temps j’ai appris à davantage m’affirmer et j’apprends encore de jours en jours.

Voici les trois composants de ce schéma :

Persécuteur

  • Blâme, critique, contrôle, oppresse, domine.
  • Peut être une personne, une maladie ou un système.
  • Réplique type : « Tout est de ta faute ! »

Victime

  • Attire le Sauveur et appelle inconsciemment un Persécuteur.
  • Se sent impuissante, opprimée, honteuse, dépendante.
  • Réplique type : « Quel malheureux je fais ! »
  • Cherche quelqu’un pour l’aider mais reste dans la dépendance émotionnelle.

Sauveur

  • Trouve une gratification à venir en aide, mais entretient la dépendance.
  • Attend un Persécuteur pour justifier son rôle et une Victime à sauver.
  • Réplique type : « Laisse moi t’aider. »
  • Évite ses propres problèmes en se concentrant sur autrui.

Vous me direz, quel problème à être un sauveur, tant que l’on y trouve son compte ? Le problème bien qu’il soit en effet éthique est également qu’une fois rentré dans le triangle on peut facilement échanger de place et devenir soit même victime donc souffrir de la persécution d’autrui ou devenir persécuteur donc faire souffrir autrui..

Prendre ses responsabilités et communiquer efficacement

Ces rôles, fondés sur des croyances inconscientes, créent des dynamiques répétitives qui entretiennent la dépendance et la frustration.
Sortir de ce Triangle, c’est avant tout reprendre le pouvoir sur sa vie relationnelle, retrouver son autonomie et développer une conscience plus fine de ses besoins.

Comprendre la logique du Triangle

Chaque rôle s’appuie sur une croyance profonde :

  • La Victime croit que les autres ont le pouvoir de la rendre heureuse ou malheureuse.
  • Le Sauveur croit qu’il peut (et doit) rendre les autres heureux.
  • Le Persécuteur croit qu’il peut rendre les autres malheureux ou les contrôler.

Ces mythes, décrits par Éric Berne, nourrissent le jeu psychologique : chacun se sent enfermé dans son rôle, tout en ayant besoin des autres pour le maintenir. La Victime cherche un Sauveur, le Sauveur attend une Victime et un Persécuteur, et le Persécuteur trouve son pouvoir en présence d’une Victime.

Changer son comportement selon l’interlocuteur

La première étape pour sortir du Triangle est d’adopter une attitude différente selon la personne en face :

  • Face à une Victime : reconnaître ses fragilités, mais l’encourager à exprimer elle-même ses besoins et à formuler des demandes claires.
  • Face à un Sauveur : remercier son élan d’aide, tout en précisant son véritable besoin et ses limites.
  • Face à un Persécuteur : clarifier les rôles, les responsabilités et les règles du jeu pour poser un cadre sain.

Cette posture brise le scénario implicite et responsabilise chacun.

Nommer le jeu et protéger ses limites

Une autre stratégie consiste à “dénoncer le jeu” : dire ce que l’on observe dans la relation. En mettant des mots sur le processus (sans accuser), on invite l’autre à en prendre conscience.
Parfois, il est nécessaire de stopper l’interaction pour se protéger : exprimer clairement son besoin de distance, proposer un temps de recul, et ne pas rester dans la spirale émotionnelle.

Retrouver l’autonomie par la conscience des besoins

Le Triangle dramatique se nourrit d’un déficit de conscience des besoins :

  • La Victime transfère son problème à quelqu’un d’autre au lieu d’identifier ce dont elle a besoin.
  • Le Sauveur se concentre sur les besoins des autres pour éviter ses propres manques.
  • Le Persécuteur écoute ses besoins mais nie ceux des autres.

En prenant conscience de ses besoins profonds (plutôt que superficiels), chacun retrouve son autonomie. Lorsqu’une personne du Triangle adopte cette posture, elle entraîne souvent les autres à évoluer. Par exemple, la Victime qui identifie ses besoins peut transformer son Sauveur en “coach” bienveillant, qui soutient sans prendre en charge.

L’accompagnement et la CNV : des leviers puissants

Dans l’accompagnement (coaching, thérapie), l’objectif est d’aider la personne à identifier son rôle, à comprendre la dynamique du Triangle et à expérimenter d’autres façons d’être en relation.
La Communication Non Violente (CNV) est particulièrement utile : elle redonne à chacun la capacité de se relier à ses besoins et de formuler des demandes claires, en favorisant l’autonomie et la coopération.

Vers l’équilibre et l’empathie

On peut considérer qu’au-delà des trois rôles du Triangle existe une “quatrième part” : la part empathique. C’est elle qui sert de médiateur intérieur et qui permet de rétablir l’équilibre entre nos différentes facettes. Quand cette part prend sa place, les tensions diminuent, la conscience s’élargit et l’on sort naturellement du jeu psychologique.

En résumé

Sortir du Triangle dramatique ne consiste pas simplement à fuir les conflits, mais à changer de posture intérieure :

  • Prendre conscience de ses besoins profonds et assumer sa responsabilité.
  • Clarifier les relations et poser des limites claires.
  • Encourager l’autonomie chez soi et chez l’autre.
  • Développer l’empathie comme boussole relationnelle.

Ce processus demande un peu d’entraînement, mais il offre une liberté nouvelle : celle de se relier à l’autre sans tomber dans les scénarios répétitifs, de construire des relations plus saines et plus authentiques, et de retrouver la paix intérieure.

A très bientôt !

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Une réponse à « Syndrome du sauveur : comment sortir du triangle et communiquer efficacement ? »

  1. Avatar de Chloe Cittee

    Merci beaucoup pour ces conseils, j’en ai appris beaucoup

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